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Cameroun : le gouvernement assure que Paul Biya est vivant et annonce son retour prochain

Pour la première fois depuis le départ du président camerounais Paul Biya le 7 juin dernier, un membre du gouvernement s’est exprimé publiquement afin de répondre aux interrogations grandissantes sur l’absence prolongée du chef de l’État.

Par Daniel Micho Mulume

Rédacteur en chef ReelActu@michombero
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Yaoundé 3 min de lecture
Cameroun : le gouvernement assure que Paul Biya est vivant et annonce son retour prochain
Le président camerounais Paul Biya participe au Forum de Paris sur la paix, en France, le 12 novembre 2019 [Charles Platiau/Reuters]

Invité de RFI dimanche 2 août, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a affirmé que le président de la République est « en vie » et qu’aucune procédure de vacance du pouvoir n’est engagée.

« Le Conseil constitutionnel ne s’est pas prononcé pour déclarer une vacance du pouvoir à la tête de l’État. Le président Paul Biya est en vie. Le président Paul Biya n’a pas démissionné », a déclaré le ministre, rejetant ainsi les appels de plusieurs responsables de l’opposition qui demandent au Conseil constitutionnel de constater une éventuelle vacance de la présidence.

Interrogé sur le lieu où séjourne actuellement le chef de l’État, René Emmanuel Sadi n’a pas souhaité apporter de précisions. « Je ne peux pas vous dire avec exactitude quand est-ce que le président Paul Biya revient. Et même si je le savais, il ne m’appartient pas de l’annoncer ici. Je peux au moins me permettre de vous dire qu’il revient très bientôt », a-t-il indiqué.

Âgé de 93 ans, Paul Biya dirige le Cameroun depuis 1982, ce qui fait de lui le plus ancien chef d’État en exercice au monde. Le président avait quitté Yaoundé le 7 juin pour ce qui avait été présenté officiellement comme un « court séjour privé en Europe », accompagné de son épouse, Chantal Biya. Depuis son départ, il n’est plus apparu en public, une absence qui constitue la plus longue enregistrée depuis son accession au pouvoir.

Au cours des dernières semaines, plusieurs rumeurs ont circulé concernant son état de santé, évoquant notamment une éventuelle hospitalisation à Genève, en Suisse. Ces informations avaient été officiellement démenties par le gouvernement camerounais, sans qu’aucune autorité suisse ne les confirme.

Malgré l’absence du président, la présidence de la République continue de publier des actes officiels portant sa signature. La publication, le 22 juillet, de plusieurs décrets indiquant « Yaoundé » comme lieu de signature a suscité des interrogations sur les réseaux sociaux, où certains internautes ont remis en question leur authenticité.

Cette situation intervient également dans un contexte institutionnel particulier. En mai 2026, une révision de la Constitution a réintroduit la fonction de vice-président de la République. Plus de trois mois après l’entrée en vigueur de cette réforme, aucun titulaire n’a toutefois été nommé à ce poste, dont la désignation relève exclusivement du président de la République.

Face aux interrogations soulevées par cette absence prolongée, plusieurs juristes et responsables de l’opposition ont appelé le Conseil constitutionnel à examiner la question d’une éventuelle vacance du pouvoir. De son côté, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, soutient qu’aucune disposition constitutionnelle ne fixe de durée maximale pour l’absence du chef de l’État hors du territoire national.

En l’absence d’un vice-président, la Constitution prévoit qu’en cas de vacance du pouvoir, l’intérim serait assuré par le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle.

L’absence prolongée de Paul Biya continue d’alimenter les débats politiques au Cameroun, alors que le gouvernement tente de rassurer l’opinion publique sur la continuité des institutions et le fonctionnement normal de l’État.

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